Record Detail:

   Record Detail:  
 
Print
Close
 
Last Update:2012-06-11 11:57:00.0
Question:Je suis à la recherche du texte intégral d'une poésie écrite par Victor HUGO sous le titre "Gros temps la nuit"; arpès avoir parcouru presque toutes les rubriques concernant Vistor HUGO sur Google et n'ayant pas pu obtenir satisfaction, je me tourne vers vous, mon dernier recours
Si vous pouvez me l'envoyer, je vous en serais trés reconnaissant
Date Requested:2009-01-29 00:00:00.0
Question Keywords:Littérature et linguistique
Answer:Ce poème fait partie du recueil de Victor Hugo : "Toute la lyre". Vous le trouverez dans l'édition "Bouquins" des œuvres complètes de l'auteur :
Hugo, Victor. - Poésie. T.4 /présenté par Claude Gély, Jean Gaudon, Jean Delabroy et Bernard Leuilliot ; [éd. par le Groupe Hugo, Paris-VII-Jussieu sous la dir. de Jacques Seebacher et Guy Rosa]. - Paris : R. Laffont, 2002 . - 4 vol. : couv. ill. ; 20 cm. - (Oeuvres complètes / Victor Hugo) (Bouquins).
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb38859119r/ISBD

"Toute la lyre" est également accessible dans la bibliothèque numérique Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5789115g. Le poème "Gros temps, la nuit" se trouve p. 117 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5789115g/f126

Et voici le texte du poème :

XX GROS TEMPS LA NUIT
Le vent hurle ; la rafale
Sort, ruisselante cavale,
Du gouffre obscur,

Et, hennissant sur l'eau bleue,
Des crins épars de sa queue
Fouette l'azur.

L'horizon, que, l'onde encombre,
Serpent, au bas du ciel sombre
Court tortueux ;
Toute la mer est difforme ;
L'eau s'emplit d'un bruit énorme
Et monstrueux.

Le flot vient, s'enfuit, s'approche,
Et bondit comme la cloche
Dans le clocher,
Puis tombe, et bondit encore ;
La vague immense et sonore
Bat le rocher.
L'océan frappe la terre.
Oh ! le forgeron Mystère,
Au noir manteau,
Que forge-t-il dans la brume,
Pour battre une telle enclume
D'un tel marteau ?

L'Hydre écaillée à l'oeil glauque
Se roule sur le flot rauque
Sans frein ni mors ;
La tempête maniaque
Remue au fond du cloaque
Les os des morts.
La mer chante un chant barbare.
Les marins sont à la barre,
Tout ruisselants ;
L'éclair sur les promontoires
Éblouit les vagues noires
De ses yeux blancs.

Les marins qui sont au large
Jettent tout ce qui les charge,
Canons, ballots ;
Mais le flot gronde et blasphème :
Ce que je veux, c'est vous-même,
O matelots !

Le ciel et la mer font rage.
C'est la saison, c'est l'orage,
C'est le climat.
L'ombre aveugle le pilote.
La voile en haillons grelotte
Au bout du mât.

Tout se plaint, l'ancre à la proue,
La vergue au câble, la roue
Au cabestan.
On croit voir dans l'eau qui gronde,
Comme un mont roulant sous l'onde,
Léviathan.

Tout prend un hideux langage ;
Le roulis parle au tangage,
La hune au foc ;
L'un dit: -L'eau sombre se lève.
L'autre dit: -Le hameau rêve
Au chant du coq.

C'est un vent de l'autre monde
Qui tourmente l'eau profonde
De tout côté,
Et qui rugit dans l'averse ;
L'éternité bouleverse
L'immensité.

C'est fini. La cale est pleine.
Adieu, maison, verte plaine,
Âtre empourpré !
L'homme crie : ô Providence !
La mort aux dents blanches danse
Sur le beaupré.

Et dans la sombre mêlée,
Quelque fée échevelée,
Urgel, Morgan,
À travers le vent qui souffle,
Jette en riant sa pantoufle
À l'ouragan.

2 février 1854.

Answer Date:2009-01-30 00:00:00.0
Additional Sources Checked:

Bibliothèque nationale de France
 
Print
Close